“Les élites politiques françaises, de gauche comme de droite, et ceux qui ont des responsabilités au sein des autorités monétaires ne se sont jamais résolus à l’abandon d’une politique monétaire au service du commerce extérieur et des besoins budgétaires. Et ce alors même que le traité de Maastricht a inauguré une banque centrale indépendante au service de la stabilité des prix. Aujourd’hui, la France, l’Espagne, l’Italie ou la Grèce veulent que la BCE se mêle de la conjoncture, joue le sapeur-pompier pour les budgets à la dérive et soit le prêteur en dernier ressort pour les banques. C’est absolument contraire à une philosophie allemande partagée par le Luxembourg, les Pays-Bas, la Finlande et l’Autriche“.
Autre commentaire de l’économiste Jean-Marc Daniel. Pays vieillissant, “l’Allemagne a besoin de placer ses excédents extérieurs dans des pays jeunes [...]. Vue de Berlin, la zone euro optimale rassemble les pays où l’Allemagne pourra faire les placements dont elle a besoin en toute sécurité pour garantir à sa population un pouvoir d’achat stable quand sa capacité de travail aura décliné”. Et pour garantir la valeur de ces placements, Berlin doit à tout prix éviter l’inflation, cette “euthanasie des rentiers”. En ignorant cette réalité, la France joue avec le feu : “Le danger est que Berlin propose avec de plus en plus d’insistance une scission en deux zones de la zone euro, une associant les maisons de retraite et leur financement, l’autre regroupant les cigales qui pensent avoir le temps, dont la France.”
Source:LIESI