«C’est une décision très difficile, a déclaré mardi Ann Johnston, maire de Stockton, dans un communiqué. Mais il n’y avait pas d’autre solution pour protéger la santé, la sécurité et le bien-être des habitants et entamer le redressement économique.» Afin de garder un budget équilibré, Stockton avait déjà coupé dans ses dépenses ces trois dernières années à hauteur de 90 millions de dollars. La ville avait notamment réduit d’un quart le nombre de ses policiers. Désormais, Stockton va devoir couper dans les salaires et les pensions de retraite afin d’économiser 11,2 millions supplémentaires.
Les fonds généraux, qui financent les services publics — police, pompiers, bibliothèques… — sont en déficit de 26 millions de dollars, sur un budget annuel total de 155 millions, précise un communiqué de la municipalité.Le budget total de Stockton s’élève à 521 millions de dollars, dont 366 millions sont sécurisés et ne peuvent servir à éponger le déficit. Sur les trois dernières années, la ville a dû faire 90 millions de dollars d’économies pour colmater son budget, “en réduisant les salaires et retraites de ses employés”, précise le communiqué.
Le plan d’urgence, en vigueur pendant le processus de restructuration, prévoit l’arrêt du remboursement des dettes, de nouvelles baisses de salaires pour les fonctionnaires et l’abandon de la contribution financière de la ville aux assurances maladies des retraités.
Stockton, comme beaucoup de villes américaines, a subi de plein fouet la crise immobilière. Après avoir beaucoup construit, elle est aujourd’hui la deuxième ville des Etats-Unis en termes de taux de saisies.
C’est aussi la deuxième ville la plus violente de Californie après Oakland, dans la banlieue de San Francisco.
Les problèmes de Stockton ne datent pas d’hier. Outre la gestion calamiteuse des finances publiques évoquée par des membres du conseil municipal dans la presse, la ville a été touchée de plein fouet par la crise immobilière de 2008 et la récession qui s’ensuivit. Si bien qu’en avril, elle connaissait un taux de chômage de 15,4%, soit près du double de la moyenne nationale.
Un déficit qui se creuse
Aux Etats-Unis, les faillites de municipalités sont devenues plus fréquentes. Sur les 42 cas répertoriés depuis 1981, dix ont eu lieu ces quatre dernières années, et donc depuis l’éclatement de la crise des «subprime», d’après les données de l’agence Bloomberg. Parmi elles, Vallejo, une autre ville californienne, qui avait fait faillite en 2008.


Quant à l’Etat californien, la situation de ses finances n’est guère plus rassurante. Lors de son arrivée en 2011, le gouverneur démocrate Jerry Brown avait hérité d’un déficit annuel de 26 milliards de dollars de son prédécesseur Arnold Schwarzenegger. Après l’avoir réduit dans un premier temps, il a révélé, il y a un mois, que celui-ci était reparti à la hausse et s’élevait désormais à quelque 16 milliards de dollars, soit deux fois plus que prévu au mois de janvier. Pour y faire face, Jerry Brown a donc proposé un nouveau budget d’austérité reposant sur une hausse d’impôts – notamment pour les revenus les plus élevés – et une réduction des dépenses publiques de 8,3 milliards de dollars. Afin d’éviter un blocage de la part des républicains à l’assemblée et au Sénat, son plan sera soumis aux électeurs californiens en novembre.
Source:leblogalupus