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Dérivés : un marché 10 fois plus élevé que le PIB mondial !

Graphique de la valeur nominale totale de l'OTC des produits dérivés

Les plus grands marchés des produits dérivés sont ceux de l’Union européenne, du Japon et des Etats-Unis. Les contrats sur les taux d’intérêt représentent 504 000 milliards de dollars, ceux sur les monnaies 63 000 milliards et les CDS, 29 000 milliards.

Cependant, le montant brut des dérivés, qui chiffre le coût du refinancement des contrats existants et ainsi donne une meilleure estimation du risque de marché, a augmenté de 19 500 à 27 300 milliards de dollars sur les six derniers mois de 2011, dépassant ainsi le PIB des Etats-Unis de 15 000 milliards de dollars.

Jusqu’à présent, cela ne s’était produit qu’une seule fois, au deuxième semestre 2008. La BRI s’abstient de tout commentaire sur cette évolution, mais les chiffres parlent d’eux-mêmes. Aucune régulation efficace ou diminution de ces activités spéculatives n’est en cours. L’effet de levier qu’elles procurent est une tentation à laquelle beaucoup d’institutionnels ne peuvent résister.

Cependant, la prudence est requise car le levier peut agir dans les deux sens ce qui se reflète, par exemple, dans l’extrême volatilité des résultats obtenus par les opérateurs de “trading”. En réalité, il ne s’agit que d’un pari sur l’évolution future des marchés financiers qui n’a plus rien à voir avec une politique de couverture des risques. Le risque passe de mains en mains.

Le conseil de stabilité allemand (FSB) a pour mission de proposer les mesures pour réformer les marchés des dérivés. Dans son troisième rapport, il constate des progrès mais attire l’attention sur la lenteur de leur mise en oeuvre. Dans une perspective internationale, le Conseil souligne le manque de coopération et souhaite une mise en oeuvre plus cohérente des réformes. Mais, au regard de l’importance prise par la crise, on peut se demander pourquoi ce n’est toujours pas le cas et pourquoi la valeur des dérivés a augmenté de 50% au deuxième semestre 2011.

Conclusion : Le niveau élevé des échanges sur les marchés des dérivés montre qu’en dépit de toutes les crises, il n’y a toujours pas de véritable aversion au risque chez les participants. Cela s’explique, pour partie, par des taux d’intérêt très bas qui poussent les investisseurs vers les actifs risqués.

Dr. Eberhardt Unger est un économiste indépendant, fort de plus de 30 ans d’expérience des marchés et de l’économie. Vous pouvez retrouver ses analyses sur le site www.fairesearch.de

Source:eberhardt unger quotidienne-agora

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