Une convention du parti républicain devrait se tenir, la semaine prochaine, à Tampa Bay en Floride et décider de la création d’une commission chargée d’effectuer un audit de la politique monétaire américaine et d’étudier le projet de retour à l’étalon de change-or. Le Financial Times rappelle que Ronald Reagan, dix ans après la suspension de la convertibilité du dollar en or par Richard Nixon, en 1971, avait lui aussi caressé cette idée. Une commission ad-hoc avait jugé préférable de ne pas revenir à l’or.
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Lors d’une interview qu’il a accordée en 2011 à Human Events, Steve Forbes, le magnat des media, a prédit un retour de l’étalon or pour la parité du dollar : « Un retour à l’étalon or des Etats Unis dans les cinq prochaines années semble désormais très probable, parce que ce changement permettrait à la nation de résoudre toute une variété de problèmes économiques, fiscaux et monétaires ». « Ce qui semble étonnant aujourd’hui pourrait devenir une banalité en très peu de temps. », avait-t-il jugé.
Forbes estime que si l’étalon-or avait été maintenu, la valeur de la devise dollar n’aurait pas été dévaluée et les dépenses fédérales excessives auraient été maitrisées. Il explique que la valeur toujours changeante du dollar créée une incertitude sur les marchés qui génère à son tour de la spéculation sur les marchés des matières premières de la part d’opérateurs qui cherchent à se protéger de l’inflation.
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Au sein du parti républicain, Sean Fieler, président d’un groupe conservateur, American Principles Project, milite pour un retour à l’étalon de change or : «On observe une prise de conscience progressive, au Parti républicain et plus généralement aux États-Unis que la prospérité du pays ne reviendra pas tant qu’on continuera à faire tourner la planche à billets.» Jusqu’en 1971, le prix d’or était bloqué à 35 dollars l’once. Depuis, il a pu librement fluctuer et se négocie, en cette fin de semaine, à plus de 1 660 dollars l’once.
Si ce choix n’est pas dénué d’arrières-pensées, séduire en particulier le Tea Party et ceux qui avaient voté pour le libertarien Ron Paul durant les primaires républicaines. Ron Paul a en effet fait campagne sur le thème de la suppression pure et simple de la Fed qu’il accuse de « manipuler » les taux, ce qui alimente la dérive des déficits publics, qui ont atteint un niveau record, et l’instabilité chronique de la valeur de la monnaie.
Une indexation du dollar sur l’or aurait l’avantage de réduire la création de monnaie, et d’éviter une trop grande distorsion entre les stocks d’or et le volume de monnaie en circulation. Ce serait un remède à la création de bulles en réduisant la mauvaise allocation des capitaux qui conduisent aux crises régulières, comme on le voit dans le cas des pays européens, où le recours massif au crédit se traduit pas une crise qui n’en finit pas de se propager à l’économie réelle. Sans compter qu’il est protecteur contre l’inflation.

Bernanke serait remplacé
Les républicains veulent donc changer la gestion de la Fed qui, en maintenant les taux directeurs près de zéro et en injectant depuis 2008 quelque 2.300 milliards d’euros pour essayer de relancer l’économie américaine pour faciliter le crédit, n’aurait pas obtenu un réel succès. Mitt Romney a d’ailleurs annoncé que Ben Bernanke, qui avait été nommé par George W. Bush et confirmé par Barak Obama, serait remplacé et un audit de la Fed serait effectué.
Un limogeage qui serait une première
Le président de la Fed doit être choisi parmi les sept membres du directoire de la banque centrale, eux-mêmes nommés par l’hôte de la Maison Blanche.
La loi stipule en outre qu’une fois nommé (pour des mandats de 14 ans), les membres du directoire ne peuvent pas être démis par le président des Etats-Unis pour des raisons politiques mais ne précise pas dans quelle situation le chef de la Réserve fédérale pourrait être limogé en cours de mandat. Depuis que la Fed est censé avoir retrouvé son indépendance totale à l’égard du pouvoir qu’elle avait perdue pendant la deuxième guerre mondiale, aucun président des Etats-Unis n’a changé le président de la Fed à son entrée en fonctions.
Un peu D’histoire
A la fin de la seconde guerre mondiale, les Accords de Bretton Woods avaient organisé le système le l’étalon change-or : le dollar était référencé sur l’or, tandis que les autres monnaies étaient indexées sur le dollar. Cependant, suite aux besoins de financement suscités par la course à la conquête de l’espace et la guerre du Vietnam, les Américains ont tellement augmenté la masse de liquidités en circulation que les autres pays commencèrent à protester. Les banques centrales cessèrent de faire confiance au dollar, et exigèrent de l’or pour leurs transactions. Craignant que les réserves américaines ne s’épuisent, Nixon décida de supprimer la convertibilité du dollar en or et d’instituer le dollar flottant en 1971. Depuis, c’est la confiance dans les Etats Unis en tant que nation et en tant qu’économie qui donne sa contrevaleur au billet vert, et le fait fluctuer par rapport aux autre monnaies.
Dans un contexte où les Etats Unis peinent à créer des emplois, à sortir de la crise de l’immobilier, à maintenir les prix du pétrole à un niveau acceptable, et où le gouvernement a creusé le déficit inconsidérément, l’idée semble trop évidente pour ne pas finir par s’imposer naturellement….
Le site GoldMoney vient de mettre en ligne une infographie qui retrace l’histoire mouvementée des régimes des taux de change de 1821 à nos jours. Cet historique est divisé en huit périodes.
1821-1914 : l’or, l’étalon classique
Durant cette époque, la plupart des devises mondiales étaient remboursables en or ce qui signifiait que vous pouviez encaisser, en échange d’un billet, un poids prédéfini en or. La Grande-Bretagne fut le premier pays à adopter ce système.
1915-1925 : la 1ère guerre mondiale et les taux flottants
Avec le début de la guerre en 1914 presque tous les pays ont coupé le lien avec l’or. Les Etats-Unis l’ont conservé jusqu’en 1917, année de leur entrée en guerre. Cette époque dite des taux flottants (les Etats intervenaient sur les marchés) fut chaotique et instable. Avec une volonté de revenir au système antérieur.
1926-1931 : l’étalon-or de l’entre-deux guerres
Après la première guerre mondiale la plupart des monnaies ne pouvaient plus retrouver dans l’immédiat leur convertibilité en or. Les accords de Gênes de 1922 prévoient une convertibilité en or pour les pays disposant d’un stock suffisant et la désignation de la livre et du dollar comme monnaies de réserve substitutive.
1932-1944 : l’avant Bretton Woods
Un par un, les gouvernements en Europe sont revenus sur leurs promesses pour apaiser la population. Avec, pour résultat, un système de taux flottants avec le dollar comme dernier lien significatif avec l’or. Mais ce lien s’est affaibli significativement avec la Grande Dépression. L’administration Roosevelt a suspendu localement la convertibilité en or faisant du dollar la monnaie la plus forte.
1945-1971 : les accords de Bretton Woods
Conclus en 1944, ces accords organisent le système monétaire mondial autour du dollar américain avec un rattachement nominal à l’or. Dans ce système, les différentes monnaies nationales (autres que le dollar américain) ont un taux de change fixe mais ajustable en cas de besoin sous réserve de l’accord des partenaires.
1972-1973 : les accords de Smithsonian
En raison de l’accumulation des dollars et la baisse des réserves d’or, les Etats-Unis décidèrent de suspendre la convertibilité en or. Le billet vert fut dévalué à 38 dollars l’once avec fixation de parités centrales et de marges de fluctuations de 2,25%.
1974-1979 : les changes flottants
Fin de la fixité des taux de change des diverses monnaies par rapport à l’étalon dollar ce qui permettait aux banques centrales des autres pays de cesser d’acheter du dollar pour maintenir sa parité.
1980-… : le SME et l’euro
Mise en place du Système monétaire européen (SME) qui permet aux banques centrales d’intervenir sur les marchés pour maintenir leur devise dans une marge de 2,25% par rapport aux autres. Le Royaume-Uni a rejoint le système en 1990 avant de le quitter deux ans plus tard. C’est à cette époque que Georges Soros a gagné un milliard de dollars sur une position short sur la livre sterling. Dix ans plus tard, l’euro est introduit avec des taux de conversion pour les 11 devises nationales.
(SOURCE ET REMERCIEMENTS : CRACK EN ACTIONS)
Source Le Revenu+Agences Aout12