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L’Indonésie, une nouvelle Chine ?

Pourtant, avec environ 250 millions d’habitants, c’est un des pays les plus peuplés de la planète, et l’un des plus jeunes (moyenne d’âge : 28 ans !). Sa classe moyenne a la croissance la plus forte du monde et, si je vous dis que c’est le troisième pays plus gros utilisateur de Facebook, vous aurez une idée plus précise de ce que représente ce pays dans la galaxie des émergents ou des néo-émergents.

Tandis que les Indonésiens adoptent le style de vie occidental en devenant des acteurs majeurs de l’économie mondiale, leur pays, membre de l’OPEP, reste un grand producteur et exportateur de matières premières comme le charbon, l’huile de palme, le riz, le gaz naturel ou le caoutchouc, tout en attirant également un flux conséquent de touristes grâce à ses plages et à ses forêts primaires.

Son économie est plus importante que celle de la Turquie ou que celle des Pays-Bas, et elle progresse au rythme moyen annuel de 6%. De plus, le pays a une longue histoire au cours de laquelle se sont tissés des liens étroits avec la Chine (3 à 4% de la population est d’origine chinoise et est très active dans la vitalité économique du pays).

Ces liens se renforcent depuis peu, les autorités ayant compris tout l’avantage qu’elles pouvaient tirer d’une intensification du commerce et des relations avec la Chine. Ainsi les étudiants de Java apprennent-ils le Mandarin, ce qui leur était interdit auparavant.

Enfin, un coup d’oeil à une mappemonde vous montrera que l’Indonésie se trouve au centre des pays émergents du sud-est asiatique : Australie, Malaisie, Vietnam, Thaïlande, Inde. Cette position de carrefour joue comme un accélérateur de croissance.

Vous serez peut-être également surpris d’apprendre que l’Indonésie est un des rares pays du G20 à avoir un budget en équilibre et un endettement qui se résorbe. Le pays est noté “investment grade” par les agences de notation ! De quoi faire rêver bien des pays avancés… Du coup, l’investissement direct étranger a grimpé exponentiellement.

Naturellement, cela se retrouve dans le comportement de la Bourse de Djakarta : elle a rapporté en moyenne 25% par an sur la dernière décennie, c’est-à-dire une des meilleures performances parmi les marchés émergents !

C’est tentant, non ?

Malheureusement, investir en Indonésie exige une connaissance parfaite du pays et de ses entreprises, ce qui conduit invariablement à y aborder l’investissement par le biais d’un ETF ou d’un fonds. Je ne suis pas un fan de la gestion collective, j’aime bien sélectionner et gérer moi-même mes propres choix, attitude que je vous recommande le plus souvent.

Mais si vous avez envie d’élargir votre investissement en Indonésie, je peux vous citer le ABERDEEN INDONESIA FUND (IF-AMEX) qui contient un panel de grandes compagnies, plutôt orientées consommation. Ce n’est pas une recommandation du portefeuille de Défis & Profits, mais juste une piste pour votre réflexion, à acheter en repli, surtout si l’économie mondiale part en récession. De même pour l’ETF MARKET VECTORS INDONESIA INDEX (IDX-NYSE) par exemple.

Naturellement, l’Indonésie n’est pas sans problèmes, comme la corruption et le manque d’infrastructures suffisantes. La moitié de la population de Djakarta n’a pas accès à l’eau propre par exemple, et 25% de la population n’a pas encore d’électricité. Mais du point de vue de l’investisseur, cela veut aussi dire qu’il y a du grain à moudre. Le niveau de vie augmente surtout pour la classe moyenne et les Indonésiens ont acheté près de 900 000 voitures l’année dernière, une hausse de 30%.

Dans Défis & Profits, j’ai recommandé à mes lecteurs une valeur télécom indonésienne. C’est une valeur qui reste discrète mais qui distribue un généreux dividende de 6,6%, lequel pourrait augmenter puisque la société a décidé de passer son taux de distribution des bénéfices de 50% à 65%. La valeur a plutôt bien traversé les turbulences de la crise mondiale de 2008-2009 ; il devrait en être de même pour la crise actuelle. La société profite de l’avidité d’une population jeune, en croissance, qui souhaite disposer des biens et services qu’ont déjà les économies avancées – ce qui laisse apparaitre des perspectives de croissance appréciables.

Ainsi le parc de téléphones mobiles a augmenté de 30% par an sur la période 2005-2010, et les lignes fixes de presque 20%. Il y a actuellement 250 millions d’utilisateurs de mobiles en Indonésie.
[Un titre solide alors que l'économie mondiale tangue et qui offre un rendement confortable... à découvrir dans Défis & Profits]

 

Source:quotidienne-agora

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