Les rôles de son co-président, Jürgen Fitschen, et de son directeur financier, Stefan Krause, dans la signature de la déclaration d’impôt de la banque en 2009 font aussi l’objet d’une enquête, bien qu’ils n’aient pas été arrêtés. Par contre, les principaux experts de la banque en matière juridique et de blanchiment sont accusés d’avoir supprimé d’importantes données bancaires et de ne pas avoir communiqué aux autorités des éléments relatifs au blanchiment d’argent.
Si l’affaire d’évasion fiscale peut être rapidement réglée – par le remboursement des 300 millions d’euros par Deutsche Bank, en plus d’une amende – une autre enquête sur les pratiques de la banque en 2008 pourrait s’avérer plus dommageable. Un donneur d’alerte américain, Ben Artzi, affirme que la banque a dissimulé des milliards de dollars de pertes dans son portefeuille de titres en 2008. La SEC américaine mène l’enquête, pour laquelle les éléments saisis le 12 décembre à Francfort pourraient être tout-à-fait intéressants.
Analyste quantitatif des risques à Deutsche Bank depuis début 2010, Ben Artzi a découvert qu’entre la mi-2007 et 2010, la banque n’avait pas correctement valorisé un portefeuille de dérivés complexes appelés leveraged super senior (LSS). Avec un portefeuille de 120 à 130 milliards de dollars en valeur notionnelle,
Deutsche Bank était à l’époque le premier détenteur de LSS sur le marché. Si elle avait correctement fait état de ses pertes lors du premier pic de la crise à l’automne 2008, la banque aurait pu devenir l’équivalent allemand de Lehman Brothers.
Le Financial Times laisse entendre que la banque pourrait avoir couvert des pertes allant jusqu’à 12 milliards de dollars. Loin d’être « trop grosse pour faire faillite », Deutsche Bank est un bon exemple de pourquoi une séparation des banques à la Glass-Steagall est plus que jamais nécessaire. (Source : Strategic Alert)