Mais la semaine dernière, nouveau coup de théâtre, puisque le ministre russe des Finances, Anton Siluanov, a indiqué que Chypre allait non seulement demander un prêt d’urgence de 15 milliards à l’Europe, mais qu’elle allait en outre réclamer un nouveau prêt de 5 milliards à la Russie, soit, au total, 20 milliards d’euros, l’équivalent de 107% du PIB. Le ministre russe a précisé que la Troïka et la Russie s’étaient entendues pour coopérer pour l’octroi de ces prêts, ce qui signifie que le président Christofias n’aura pas la possibilité de menacer la Troïka de se tourner vers la Russie pour améliorer sa marge de manœuvre dans ses négociations pour les conditions d’obtention du prêt. Malgré le secret qui entoure ces négociations, le blog financier Zero Hedge rapporte que la presse a réussi à se faire communiquer ces conditions, et qu’elles seraient les suivantes :
Une privatisation de certaines des entreprises d’Etat chypriotes;
Une baisse de 15% des salaires des fonctionnaires pour la fin 2013;
Une baisse de 10% des avantages salariaux, qui inclurait la suppression du 13ème mois, y compris dans le secteur privé ;
La suppression de l’indexation automatique des salaires sur l’inflation (CoLA). Celle-ci s’appliquerait également au secteur privé ;
Une augmentation des cotisations de retraite.
Au cours d’une interview, Christofias a cherché à rassurer les Chypriotes : « On ne peut pas dire aux gens qu’ils ne recevront plus leur 13ème mois. Cela signifierait que l’on paralyse le marché. Je peux vous assurer que je ne signerai pas de mémorandum qui supprimerait le CoLA, ni même pour deux ou trois autres mesures ». « Nous ne dirons pas simplement non à la Troïka », a-t-il poursuivi. « Mais nous leur ferons des contre-propositions ».
Malgré sa forte ressemblance avec la situation grecque, Chypre dispose cependant d’un atout majeur : elle est devenue un refuge pour les riches hommes d’affaires russes qui y établissent leurs entreprises, et l’argent russe y coule à flot, explique Zero Hedge.
Source Zero Hedge/Express.be Oct12