Chacun connaît le vreneli, la pièce d’or suisse à la tête d’Helvetia émise en plusieurs séries entre 1897 et 1949. La pièce de 20 francs – il en existe aussi de 10 et de 100 francs – contient 5,801 grammes d’or pur et vaut 287 francs en fin de semaine.
Le nouveau projet comporterait des avantages multiples pour la BNS, pour les caisses de pension et les épargnants, selon Peter Bernholz. Le nouveau ducat ne contiendrait pas plus de 0,1 à 10 grammes. Dès lors, il serait nettement plus accessible et son marché serait plus liquide. Les écarts, souvent considérables, entre l’offre et la demande seraient réduits. Certes, le franc suisse a été qualifié de monnaie la plus stable au monde par Jean-Claude Trichet, l’ex-président de la BCE. Mais pourquoi ne pas ajouter la sécurité de l’or à la sécurité juridique de la Suisse, demande le professeur?
Aujourd’hui, l’Afrique du Sud, le Canada et l’Autriche disposent de pièces d’or standardisées, par leur poids et leur contenu en or, et réalisent un bénéfice de cette manière. La Suisse pourrait ainsi obtenir une nouvelle source de bénéfice avec une pièce qui serait définie et contrôlée par l’Etat, mais émise par des privés.
La Banque nationale profiterait aussi d’une moindre pression haussière sur le franc au moment où elle doit défendre un plancher de 1,20 face à une monnaie européenne en difficulté.
L’épargnant serait également intéressé par cette initiative. Les monnaies dites fortes, telles que le franc suisse et le mark allemand (aujourd’hui euro), ont perdu la moitié de leur valeur en 30 ans, selon Peter Bernholz. En Suisse, le coût de la vie a été multiplié par 11 entre 1913 et 2010. C’est nettement moins qu’aux Etats-Unis où il a été multiplié par 24. Mais le prix de l’or s’est accru d’un facteur 79. En somme, en un siècle, l’or a augmenté 4 fois plus fortement que le coût de la vie aux Etats-Unis. Ses vertus stabilisatrices ne datent donc pas de la dernière décennie. Peter Bernholz imagine aussi le lancement d’obligations à long terme basées sur cette nouvelle pièce d’or. Les caisses de pension, dans leur souci de stabilité à long terme, ne manqueraient pas de souligner leur intérêt afin de préserver l’épargne des cotisants..
Par Emmanuel Garessus Zurich/le temps mai 2012
EN COMPLEMENT : L’initiant de ce projet controversé est Thomas Jacob, président de l’association franc-or. Son but est la mise en place d’une alternative au franc suisse: «Le franc-or permet aux citoyens d’être plus sûrs en périodes instables. De plus, la teneur en or de chaque pièce garantit la sécurité de sa valeur.»
Selon Thomas Jacob, il bénéficierait du soutien de plusieurs politiciens issus du PLR et de l’UDC. Dans le cas où la CER rejetterait son initiative parlementaire, Jacob a d’ores et déjà pensé à un plan B: «Nous allons lancer une initiative populaire.» Parallèlement, l’Ecole d’arts appliqués de La Chaux-de-Fonds a lancé un concours interne de design pour la création d’un prototype du franc-or.
L’idée séduit les USA
Aux États-Unis, l’Utah avait réintroduit les pièces d’or et d’argent l’an dernier en guise de monnaie légale. Cette loi répondait aux craintes liées à l’augmentation de la dette américaine et à la dévaluation du dollar. La Caroline du Sud, le Tennessee, la Géorgie, le Colorado, l’Iowa et le Minnesota étudieraient à leur tour la possibilité de légaliser la monnaie-or sur leur territoire
Source:leblogalupus