Pourquoi parler de précédent en la matière ?
Cette idée de paquet neutre est en fait l’aboutissement d’une logique maintenant bien ancrée. Elle consiste à obliger les marques à consacrer une partie de plus en plus grande de la surface de leur packaging à l’inscription de messages sanitaires ou d’images-choc. Du « fumer tue » aux différents messages du programme national nutrition santé crée en 2001, ils prennent de plus en plus de place et conduisent à terme à un effacement des marques.
N’est-ce pas quand même un moindre mal pour lutter contre les problèmes de malbouffe.
C’est bien ce qu’on a envie de croire. Sauf que l’efficacité sanitaire de cet effacement des marques est loin d’être évidente et qu’il va – au contraire – susciter nombre d’effets pervers.
Contreproductif pour la santé
Une telle politique ignore en fait qu’en matière de consommation, la souveraineté du consommateur prime. De deux choses l’une. Soit les consommateurs arrivent encore à distinguer leur marque préférée et la destruction des marques s’est avérée inutile. Soit, ils n’y parviennent plus et on risque de voir apparaître un processus de substitution en faveur de produits moins chers et pas forcément d’aussi bonne qualité.
Un Exemple
On a en la matière un exemple grandeur nature du côté de la Californie dans les années 90. Alors que les cigarettes sans marque ont, à l'époque, fait une percée, leur part de marché passant de 11 à 40 % entre 1988 et 1993 avec des prix de 20 % à 50 % moins élevés, il y eut une augmentation du taux d'initiation au tabagisme parmi les 12‐17 ans (...) Il n'y eut aucune réduction perceptible dans le nombre des personnes arrêtant de fumer.
Moralité, il faut sauver les marques
On ne s’en rend peut-être pas facilement compte mais elles jouent un rôle crucial dans notre monde complexe.
La gestion d’une marque par une société l’oblige à être responsable et à agir constamment en faveur des clients, afin que leur verdict reste positif.
Il suffit d’un défi mal géré pour que des années de travail s’envolent. La sanction du marché peut être impitoyable et les entreprises le savent bien. En parallèle, les récompenses en termes de parts de marché sont aussi une puissante incitation à faire mieux que les concurrents, à les devancer, à innover pour offrir des produits moins chers et/ou de meilleure qualité aux consommateurs.
Bref, la marque, loin d’être notre ennemi, est le gage que son propriétaire va chercher à satisfaire ses clients dans la durée. C’est pourquoi les entreprises investissent des milliards chaque année dans cet actif intangible que constitue leur réputation. La marque McDonald’s vaudrait ainsi 95,2 milliards de dollars et Coca-Cola 74,3 milliards, avec respectivement plus de 27 et 61 millions de fans sur Facebook. Leurs propriétaires ont tout intérêt à gérer de façon responsable ce capital et il faut qu’ils puissent continuer à la faire librement
Source:24hgold