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Six mythes au sujet du libertarianisme

Mais les libertariens ne supposent pas plus la sagesse absolue qu’ils supposent la perfection morale. Certes, affirmer que la plupart des gens sont meilleurs juges que des tiers de leurs propres besoins et de leurs propres objectifs relève du bon sens. Mais le libertarianisme ne suppose pas que cela soit toujours le cas. Les libertariens soutiennent plutôt que tous les individus devraient avoir le droit de poursuivre leur propre intérêt comme ils l’entendent. Les libertariens défendent la liberté d’action dans la limite du respect des droits de propriété d’autrui, mais n’affirment pas que toutes les actions sont nécessairement raisonnables.

Il est vrai, en revanche, que sur le marché libre, les gens sont libres de s’orienter vers des experts capables de leur donner des conseils sur la façon dont poursuivre au mieux leurs intérêts. Comme nous l’avons vu plus haut, les individus ne sont pas des êtres socialement isolés, hermétiquement séparés les uns des autres. Car sur le marché libre, si les individus doutent de ce que pourrait être leurs propres intérêts, ils sont libres d’embaucher ou de consulter des experts, qui, en raison de leurs compétences, seront capables de les orienter. Sur le marché libre, les individus peuvent faire appel à ces experts, et continuellement tester la justesse et l’utilité de leurs conseils. Par conséquent, sur le marché, les individus tendent à se tourner vers les experts dont les conseils sont les plus efficaces. Le marché libre récompensera les bons médecins, les bons avocats, les bons architectes, et dévalorisera les moins compétents. L’expert de l’État, en revanche, acquiert ses revenus par l’imposition des contribuables. Aucun filtre marchand n’existe pour évaluer sa capacité à conseiller chacun dans le sens de ses véritables intérêts. La seule compétence qu’il doit posséder, c’est celle qui consiste à obtenir le soutien de l’appareil coercitif de l’État.

L’expert privé aura d’autant plus de succès qu’il satisfera les besoins des gens, alors que l’expert de l’État aura d’autant plus de succès qu’il parviendra à obtenir des faveurs politiques. Par ailleurs, l’expert de l’État n’a aucune raison d’être plus vertueux que les autres ; sa seule supériorité résidant dans ses capacités à obtenir les faveurs de ceux qui exercent le pouvoir politique. Mais il existe une différence cruciale entre les deux : des incitations pécuniaires poussent l’expert privé à prendre soin de ses clients ou de ses patients. Aucune incitation de cette sorte n’existe pour l’expert de l’État ; il obtient ses revenus quels que soient ses résultats. Par conséquent, pour le consommateur individuel, le marché libre est un arrangement économique préferable.

J’espère que cet essai a contribué à réfuter les mythes et les idées reçues qui entourent le libertarianisme. Les conservateurs (et les autres) doivent comprendre que les libertariens ne croient pas que les individus sont tous moralement bons ou meilleurs juges de leurs propres intérêts, ni qu’ils sont socialement isolés les uns des autres. Les libertariens ne sont pas nécessairement hédonistes ou libertins, ils ne sont pas non plus forcément athées ; ils croient à l’existence de principes moraux. Procédons désormais à un examen précis du libertarianisme, tel qu’il est réellement, sans que notre jugement soit biaisé par ces mythes et ces légendes. Examinons objectivement les arguments en faveur de la liberté. Je crois fermement que, lorsque cela sera fait, cette philosophie verra le nombre de ses adhérents croître de façon importante.

Source:24hgold

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