C’est lors d’un débat passionné, animé par Matthieu Croissandeau, directeur de “l’Obs”, et Maroun Labaki, chef du service Monde du quotidien “le Soir”, que Walter Veltroni a émis sa métaphore de l’avion. Son verdict est sans appel :
« L’Europe a fait des choses extraordinaires dans les années 1980 et 1990, l’abolition des frontières intérieures, la monnaie unique, etc., et puis on s’est arrêté. Mais nous sommes à mi-parcours, et on ne peut pas en rester là. L’Europe doit choisir : terminer la fabrication de l’avion, ou s’arrêter.”
L’ancien maire de Rome a souligné que “la peur est aujourd’hui dominante dans les opinions publiques”, avec comme conséquence la montée des demandes identitaires. Pour Walter Veltroni, il faudra donc choisir : “Soit le repli identitaire”, soit “les Etats-Unis d’Europe”.
Face à lui, l’ancien Premier ministre Michel Rocard affiche un pessimisme total. Suscitant un certain émoi chez les autres intervenants et dans la salle, il a lancé :
L’Europe, c’est fini, on a raté le coche, c’est trop tard.”
Sombre, Michel Rocard a constaté que “le monde se refait dans la force, mais que l’Europe a baissé les bras. Les dépenses de défense sont au plus bas depuis cent cinquante ans, les citoyens de l’Union européenne sont joyeux de ne plus s’occuper des problèmes du monde”.
A ses yeux, l’Europe s’est dotée d’un “système d’institutions paralytiques”, des institutions qui “tuent le leadership”.
Il a plaidé à l’opposé pour un “civisme mondial” autour des grandes questions comme le climat, la laïcité, etc.
Source:news360x