Eklablog Tous les blogs Top blogs Économie, Finance & Droit Tous les blogs Économie, Finance & Droit
Editer l'article Suivre ce blog Administration + Créer mon blog
MENU

tous sur le trading

MATIERES PREMIERES – Quand le pétrole krach...

Seulement, la production reste encore et toujours excédentaire et les pays exportateurs se heurtent à une situation critique en 2014 à laquelle la réunion de l’OPEP du 27 novembre 2014 devait répondre. En effet, on assistait à une chute du cours de 20% entre juin et novembre. L’arrivée sur le marché du gaz/pétrole de schiste américain dont la production augmente et les rivalités au sein même de l’OPEP en étaient les causes. Mais les choses ne s’arrangèrent pas. Gazprom, premier exportateur russe, a continué sa stratégie expansionniste alors qu’en même temps la Libye et l’Irak sont revenus en force sur le marché après les querelles internes qu’elles avaient vécues. De plus la concentration de la hausse de la demande en Asie joue en la défaveur de l’offre qui perd un peu de son influence dans les négociations. La hausse du dollar et le pétrole bradé au marché noir contrôlé par des terroristes sont venus s’ajouter à cette situation qui assombrit l’horizon des principaux exportateurs.

 

Alors qu’on pouvait penser à un éventuel rattrapage des prix par l’Arabie Saoudite, le Koweït et les Emirats Arabe Unis, la décision prise la veille de la réunion fut tout autre. Il semble que leur volonté est de dissuader les Américains dans leur développement de production de gaz de schiste dont le coût marginal s’établie entre 70 et 80 dollars le baril contre 25/30 pour le pétrole conventionnel. Ainsi la production est maintenue, le prix continue sa chute inexorable rappelant l’année 2009 en passant sous la barre des 50 dollars le baril le 7 janvier. Un coup de grâce pour le gaz de schiste américain mais aussi pour les principaux concurrents et adversaires politiques de l’Arabie Saoudite comme l’Irak et la Russie.

gaz de schiste D

 

 

 

Qu’en est-il de l’impact de cette dévaluation sur les acteurs économiques ? Le premier secteur touché négativement sera à l’évidence le secteur pétrolier. La chute des cours du brut va mettre un coup d'arrêt aux investissements des compagnies pétrolières, même si les projets en Afrique et au Moyen-Orient devraient s'en sortir indemnes. Les différentes études, quoiqu'encore fraîches, font état de baisses d’investissements dans le domaine de l’exploration. Les coupes seront sévères sur les programmes d’exploitation et d’exploration des schistes bitumineux en Arctique et au Canada ; quant au gaz de schiste, cela devrait être de même nature. En revanche,  au Moyen-Orient, la suprématie continuera de s’afficher avec l’Arabie qui prévoit de financer plusieurs investissements de très grande échelle dans le gaz naturel, et le Koweït voulant faire passer sa production de 3 à 4 millions de barils.

 

Les effets collatéraux négatifs ou positifs sur le secteur industriel sont plus compliqués à analyser.  La baisse des investissements dans les programmes pétroliers a comme conséquence des coupes sombres chez les fournisseurs de produits nécessaires à l’exploration ; ainsi US Steel a déjà commencé à réduire et à licencier en raison de la réduction des commandes de tubes d’acier utilisés par les pétroliers.

 

La baisse des cours de bourse des grands groupes, tel Total en France, ou celles des sociétés liées à l’énergie aux États-Unis (Transocean, Denbury, Noble Corp ou Haliburton), a vu leurs valeurs boursières amputées de près de 50%. De même – et ce n’est pas le moindre des paradoxes – les leaders de l’industrie automobile ont-ils vu leurs cours de bourse également fléchir. Ceux qui sont et seront touchés le plus profondément par la crise sont les banques dont les crédits ont porté vers l’industrie pétrolière, en particulier les banques régionales telles qu’elles ont été identifiées récemment par Fitch Rating.

 

Mais évidemment, du point de vue de la consommation, si les cours devaient rester sur ces bases, cela devrait augmenter le pouvoir d’achat des ménages occidentaux de près de 300 milliards de dollars provenant de l’économie faites sur la consommation d’essence gasoil, fuel domestique et agricole, soit un regain de pouvoir d’achat qui pourrait être estimé entre 1 et 1,25 %. Une aubaine pour l’Occident dont l’activité s’est fortement ralentie depuis la crise de 2008.

Sur le marché de la monnaie, les effets de la chute des cours sur l’inflation se font déjà sentir, comme déjà en 2008 où les cours étaient tombés de 147 à 32 dollars le baril en moins de six mois ; encore que, sur ce sujet, le problème de la Zone Euro en général, et de la France en particulier, serait plutôt le risque de déflation que d’inflation.

Source:

Marc Dagher

 

www.daghertrading.com

Retour à l'accueil
Partager cet article
Repost0
Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :
Commenter cet article