Depuis cinq ans, les banques y ont créé 27.000 emplois. C'est à peu de chose près le nombre de postes qu'elles ont supprimés à New York sur la même période (26.000). Les avantages en matière de loyers, de salaires et d'impôts sont incontestables. Et les élus locaux mettent le tapis rouge pour attirer ces emplois. Saint Louis, par exemple, a proposé 12 millions de dollars d'exonérations fiscales à Wells Fargo pour le convaincre d'y créer 400 postes.
Le mouvement, qui a commencé après les attentats du 11 Septembre mais s'est accentué avec la crise, n'est visiblement pas près de s'arrêter : Citigroup, qui vient d'annoncer 11.000 suppressions d'emplois , souhaite transférer une partie de ses salariés new-yorkais vers Buffalo, située 2.000 kilomètres plus au nord, sur les bords du lac Erié. Credit Suisse est en train d'auditer la valeur de son patrimoine à Manhattan, et n'exclut pas de privilégier des contrées moins chères. La banque a déjà supprimé 500 emplois à New York et en a créé pratiquement autant (450) en Caroline du Nord. Au départ, les emplois transférés étaient essentiellement liés aux services informatiques et juridiques.
Ce n'est plus le cas : Deutsche Bank, qui a créé une grosse antenne à Jacksonville, en Floride, y transfère désormais une partie de ses traders. Certains analystes, toutefois, doutent que la stratégie soit payante : les talents sont largement concentrés à New York et les économies générées en matière de salaires ou d'immobilier pèsent peu au regard de cette perte de qualifications, estiment-ils.
Symbole de Wall Street, Goldman Sachs n'échappe pas au mouvement. C'est même l'une des premières banques à avoir lancé la tendance. «L'entreprise pourrait économiser de 40% à 75% des coûts liés à l'emploi si elle regardait en dehors des villes les plus chères -New York, Londres, Tokyo et Hong Kong», estimait récemment son président, Gary Cohn. Depuis deux ans, le tiers des recrutements sont réalisés à Salt Lake City et Dallas, ainsi qu'à Bangalore et Singapour. Le bureau de Salt Lake City, qui a vu le nombre de ses salariés doubler en deux ans, est désormais le sixième plus important de la banque.
Source:Les echos