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Les balbutiements de la nouvelle révolution économique sont déjà visibles

Un américain de 26 ans, Cody Wilson, a créé le premier flingue à imprimer chez soi. Nom du bébé = the liberator. Evidemment, il faut être sacrément allumé ou idéaliste pour croire que le projet pouvait aboutir aux USA, premier vendeur mondial d'arme... Mis en ligne, les plans ont été téléchargés plus de 100.000 fois en deux jours, le temps que les mecs d'en haut percutent et forcent cet illuminé à retirer d'internet ce viol du business de la nation... imaginez ! Un flingue opérationnel, en plastique pour une poignée de dollars... de quoi bouleverser quelques données macro économiques ainsi qu'accessoirement, les enjeux de la sécurité, autre énorme marché porteur de commissions occultes massives... les Etats occidentaux gèrent leurs sujets en exploitant en priorité l'émotion peur et insécurité. Ce sont les fondements de nos sociétés occidentales qui sont touchés à travers un simple flingue en plastique imprimé en 3D. Cody Wilson a été recadré...

liberator-3d-printed-gun

Deuxième exemple encore bien plus puissant. Et celui là, je le surveille de mois en mois ce sujet, car il est énorme.

L'industrie du textile est l'une des plus grosses machines à création de valeur ajoutée qui repose presque exclusivement sur du vent.

L'un des hommes les plus riches du monde, plus de 40 milliards selon certains classements, a exploité le filon à l'aide de sa marque phare, Zara. Qu'est ce que sont les vêtements ? A la base, il s'agit d'un outil pour ne pas se peler les miches et faire le beau ou la belle, donc un outil de séduction sexuelle. Seulement, la société de consommation a fait évoluer le concept pour faire du blé, en créant le système des marques. En apposant un nom sur le vêtement, le prix s'est déconnecté littéralement de la valeur de l'objet. Les humains qui sont vaguement paumés dans les pays riches, ont massivement adopté l'idée que les classes sociales et le pouvoir financier devaient se montrer à travers le nom qu'on portait sur ses vêtements. La référence circulaire mise en place et normalisée, des marques de fringues se sont mises à cracher un fric monstreux, à l'aide d'une idée simple.

Si tu portes mon nom, c'est que tu assures grave, mec !

Moyennant le fait que tu puisses montrer que tu assures grave, il faut que tu nous achètes ce privilège. Et plus tu veux assurer avec un nom prestigieux, plus tu dois cracher cher.

Quelques décennies plus tard, on en arrive à payer des T-shirts 50 euros, alors qu'ils coûtent en fabrication moins de 1 euros. J'achète à titre perso à Bangkok mes T-shirts fabriqués dans les dernières matières textiles les plus High tech, avec le nom des marques les plus connues, pour la modique somme de 200 baths, soit 4,5 euros environ, distribution incluse. Il  ne s'agit pas de vol ou de contrefaçon. Ce sont juste les usines thaïlandaises qui fabriquent pour la marque, qui écoulent un peu plus que prévu de la marchandise sur le marché local... enfin je dis ça, c'est mal... en même temps, n'est ce pas mal que de dire qu'on est une marque ultra sérieuse avec des produits de top qualité qui justifient un prix élevé de vente, alors qu'en réalité, on fabrique l'objet pour une bouchée de pain, parfois à l'aide d'adolescents asiatiques réduits à l'état d'esclavage. N'allez pas penser que j'exagère, la réalité dépasse souvent la fiction, dans le domaine de l'horreur économique. Je suis en train de parler de noms que vous portez tous, qui passent à la TV en s'achetant une respectabilité un peu douteuse et une image vendue ensuite à prix d'or.

Le textile dans son organisation actuelle vit sa dernière décennie à mon avis.

Si la société Electroloom parvient à ses fins, à savoir finaliser d'ici fin 2014 la production par impression 3D de vêtements textiles, dont les premiers essais laissent penser qu'elle y arrivera, alors, tout sautera ! Que vous soyez septiques ou non, il y a un moment où vous arrêterez de payer 30 à 50 euros pour un machin qui ne vaut que 2 euros à la base, voire peut être même moins... C'est inévitable tout comme le MP3 a ruiné le CD de musique ou l'Ebook est en train de tuer méthodiquement et petit à petit le livre papier.

article electroloom

Electroloom travaille sur un fil composite à base de matériaux composites et organiques. Très sincèrement, ce sera un évènement extraordinaire, porteur d'une révolution sectorielle majeure. Au stade actuel, notez bien dans vos têtes la rhétorique du moment. Les professionnels expliquent tranquillement que les consommateurs du futur iront sur des plateformes achetés les vêtements des marques actuels sur un plan technique et les produiront chez eux. Ben voyons... Je suis toujours plié devant le crétin de base censé être une autorité dans son secteur, qui a besoin de stabilité dans sa tête et qui refuse la moindre évolution ou le moindre changement.

Oui, la vie est violente. Oui, nous devons nous adapter à des trucs dont on se passerait bien. Mais il est clair que le monde se divise en deux. D'un côté, il y a ceux qui sont capables de regarder le changement et de le manager pour survivre et de l'autre, il y a ceux qui le nient et qui disparaissent en gémissant. En Europe, s'il y a bien une énorme carence, c'est dans le domaine du sens de la survie. Le ventre bien plein qui déborde, il est difficile d'aller au combat pour se battre pour le futur... 

Qu'est ce qu'on parie qu'aucun consommateur du futur ne payera plus son objet textile aux prix actuels du marché. La notion de marque survivra t elle ? Rien n'est moins sûr. Les gens auront toujours besoin de se différencier les uns des autres socialement à travers des objets, mais il est fort probable que le vêtement sera délaissé pour de nouveaux objets.

En dix ans les ventes de CD musique ont été divisées par deux. Il y a dix ans, on nous expliquait que la musique allait disparaître... Le livre a amorcé sa descente. Il planque son plongeon à l'aide des bons chiffres de la BD. Mais dans le domaine de la presse papier ou des livres techniques, la chute est en marche.

Imaginez le monde de demain dans le textile pas cher fabriqué à domicile.

Moi je dis que les hommes vont être méga contents... Ben oui, on se fait tous allumer notre compte bancaire depuis des décennies par nos femmes qui fument méthodiquement chaque année des mois entiers de salaire pour porter trois fois un truc qui finit la plupart du temps à la poubelle, après avoir séjourné assez longtemps dans un placard.

Je suis certain messieurs que vous connaissez comme moi le circuit par coeur. Le premier jour de l'achat compulsif de la dernière robe, vous sautez dessus. La robe si sexy est arrachée par vos soins et vous entamez alors une séance de cardio qui est loin d'être désagréable. La deuxième fois que vous la voyez, vous parvenez à vous contenir (ce qui est une erreur, car il vaut mieux amortir deux fois plutôt qu'une, un bout de tissu d'une valeur de quelques euros qu'on vous a refourgué dix fois plus cher). Dans les semaines suivantes, vous voyez passer l'objet une fois ou deux de plus (n'hésitez pas à chaque apparition à baptiser une nouvelle fois, les femmes adorent cela). Puis, plus rien.... Penaud, vous finissez par demander des nouvelles de la dernière petite robe sexy qui vous stimulait tant...

Ben oui, chérie, tu comprends, j'ai grossi, j'ai maigri, c'est plus la saison, c'est plus la mode (notez bien que Zara lance tous les dix jours de nouvelles collections, ce qui nous donne un aperçu de la durée de la mode du moment pour les femmes...)

C'est à ce moment là qu'une nouvelle robe fait son apparition...  Ouh celle là, je vais lui faire sa fête. Combien ? 130 euros en solde. Putain, elle va morfler !

Bref, vous serez je pense tous d'accord avec moi pour valider l'achat d'une imprimante 3D à robes, l'installation dès l'ouverture de l'ordinateur familial d'un accès immédiat aux dernières plateformes de téléchargements pirates des patrons de fringues féminins, et d'un méga stock de composants... de manière à ce que nos chères femmes puissent canaliser leurs pulsions vestimentaires à moindre coût...

Si les fabriquants de fringues actuels s'imaginent que nous les hommes, on va laisser passer l'occasion du siècle pour arrêter de se faire tondre, laissons leurs ces douces illusions... Vous me recevez 5 sur 5 ?

Charles Dereeper

Source:objectifeco

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