Nous devrions au moins tracer une ligne entre ceux qui sont devenus riches en offrant des produits au reste d’entre nous, et les autres. Bien que nous soyons tous d’accord sur le fait que les capitalistes de copinage qui sont devenus riches en abusant la société devraient être pénalisés, peu d’entre nous voudraient se dresser en travers du chemin des entrepreneurs et des hommes d’affaires qui ont amélioré nos vies. Piketty les diabolise tous, sans distinction.
Nous devrions détester les capitalistes de copinage, qui utilisent leur pouvoir et leur influence sur le gouvernement pour se garantir des avantages et des profits plutôt que de placer les consommateurs en première ligne. C’est pour cette raison que les banquiers sont impopulaires. Dans le même temps que les gouvernements les refinancent, ils refusent les demandent de personnes honnêtes à la recherche de financements et deviennent riches en établissant des contrats que seuls très peu comprennent. Et il ne s’agit pas là que des banques : toutes les grosses entreprises utilisent leur influence et beaucoup d’entre eux abusent le système.
Quelle est donc la solution? Certainement pas la rétribution et la redistribution de Piketty. Pour commencer, il ignore le fait que le gouvernement soit un terrible agent de transfert de richesses, et qu’il finisse toujours par en détruire une grande partie. De plus, et réallouant des ressources utilisées productivement pour satisfaire des préférences politiques, les richesses transférées sont utilisées de manière bien moins productive.
Piketty ignore avant tout le rôle de l’inflation monétaire. Ironiquement, c’est un économiste et homme d’affaires parisien du nom de Richard Cantillon qui, dans son Essai sur la Nature du Commerce en Général écrit il y a 270 ans, a expliqué le mécanisme par lequel l’inflation monétaire bénéficie aux premiers receveurs de la monnaie au détriment de ceux qui l’obtiennent plus tard. Une banque obtient la première de la monnaie nouvellement émise et en augmente même les quantités en créant du crédit à partir de rien. Avant même que cette nouvelle monnaie entre en circulation, les salariés les moins bien payés et les petits épargnants voient leur pouvoir d’achat diminué sans que leurs revenus aient augmenté. C’est ce que l’on appelle aujourd’hui encore l’effet Cantillon.
Piketty, impatient de présenter au gouvernement son désir de le voir taxer les riches pour promouvoir l’égalité, semble complètement inconscient du fait que le problème est en fait le gouvernement. En embrassant le capitalisme de copinage et les politiques monétaires inflationnistes, l’Etat enrichit les riches et appauvrit les pauvres. C’est tout le contraire des effets attendus.
Malheureusement, la thèse de Piketty ne fera qu’encourager les gouvernements occidentaux à continuer de taxer, d’imprimer et de dépenser, et à accentuer la crise plutôt que de se confronter aux réalités économiques.
Source:24hgold