Or la BRI est très bien renseignée puisque cette institution financière internationale est l’organisme de coordination des différentes politiques des banques centrales de la planète. Elle est donc une source de premier ordre sur l’état de leurs finances.
Voici les constats de la BRI :
1. Pas de retour à la croissance. “‘Cinq années après le début de la crise financière, l’économie mondiale est loin d’avoir atteint les objectifs d’une croissance équilibrée’, a estimé Stephen Cecchetti, responsable de la division économique et monétaire de la BRI, la banque centrale des banques centrales”, cité par l’AFP.
2. Les banques centrales sont allées au bout de leurs moyens légaux d’intervention, qu’ils soient légaux ou même en dehors du cadre prévu. Politique de taux zéro, achats sous différentes formes de dettes souveraines, soutien au système bancaire, elles ont tout tenté… Avec pour conséquence…
3. … l’explosion du bilan des banques centrales. La BRI a rappelé que le bilan des banques centrales a doublé en 10 ans, à 18 000 milliards de dollars, soit tout de même 30% du PIB mondial. Nous sommes revenus plusieurs fois dans ces lignes sur l’explosion du bilan de la BCE ou de la Fed qui les met en état de faillite effectif depuis des mois.
4. Les banques centrales ne sont pas les tout-puissants intervenants de l’économie et elles ne peuvent se substituer aux Etats, a rappelé Stephen Cecchetti : “Il y des limites bien définies à ce que les banques centrales peuvent faire. Elles ne peuvent pas réparer les bilans, elles ne peuvent pas augmenter la productivité et elles ne peuvent pas placer la politique sur la voie de la pérennité”.
Or, nous le constatons depuis le début de la crise grecque, les Etats de la zone euro, incapables de se mettre d’accord entre eux sur les solutions, ont eu tendance à déléguer les décisions et les interventions à des organismes supranationaux, comme la BCE ou même le FMI.
La BCE a fourni de l’argent – bien trop diront certains – mais elle ne peut se substituer à la volonté politique. Une volonté politique qui en Europe doit passer aussi bien par :
– une volonté commune d’intervention pour sauver les pays en danger de la Zone, et donc la monnaie unique ;
– un encadrement des déficits et des dépenses des Etats ;
– une réforme du fonctionnement de la zone euro, de ses institutions et de ses règles budgétaires.
[NDLR : Agissez avant que les choses ne tournent vraiment mal pour la zone euro : voici six mesures à prendre rapidement pour aider votre argent à traverser cette période difficile...]
5. Un début de solution avec l’union bancaire. Après avoir posé les limites du champ d’intervention des banques centrales, la BRI propose la mise en place d’une Union bancaire européenne.
Quel serait le rôle de cette Union bancaire européenne ?
– contrôler les banques européennes. Jusqu’à présent, ce rôle est dévolu à des instances nationales ;
– garantir les dépôts des banques européennes. Un problème qui est sous le feu des projecteurs depuis quelques jours alors que le bank run (fuite des déposants) s’accélère en Grèce mais aussi en Espagne et au Portugal. En mettant en place cette garantie européenne, la BRI espère rassurer marchés et déposants.
Ce projet doit être discuté les 28 et 29 juin prochain, lors du Sommet européen à Bruxelles. Bon… nous ne nous faisons pas trop d’illusions : dès qu’il s’agit de passer à l’action, la zone euro devient brusquement sourde, muette et paralysée.
Principale raison – et en cela, nous sommes d’accord avec la BRI – : la zone euro sait que la BCE continue d’intervenir en dernier recours aussi bien pour calmer les marchés obligataires que pour soutenir les banques européennes.
Source:quotidienne-agora