Début août, une dépêche de l’agence Bloomberg annonçait : « Le groupe Goldman Sachs a embauché M. Anders Fogh Rasmussen, ancien premier ministre du Danemark et ex-chef de l’Organisation du traité de l’Atlantique nord (OTAN), afin de surmonter les obstacles politiques auxquels se heurte la banque depuis qu’elle est entrée au capital d’une entreprise publique l’an passé (1). »L’information se savoure comme un distillat des raisons qui fondent le discrédit du monde politique.
Il y a d’abord la trajectoire : chef de gouvernement partisan du moins d’impôts et de la guerre en Irak, M. Rasmussen démissionne en avril 2009 pour prendre la direction de l’OTAN. Son mandat échu, il crée un cabinet de conseil baptisé en toute sobriété luthérienne Rasmussen Global et enchaîne les conférences tarifées (40 000 dollars la prestation de base) par l’intermédiaire d’une société domiciliée en Andorre — une principauté dont le climat fiscal accommodant délecte cet ancien ministre des impôts. Le voici donc au service de Wall Street.
Une nouvelle tempête s’annonce. Le réseau d’obligeances et de connivences tissé par M. Rasmussen lors de ses mandats publics ne sera pas de trop pour protéger la banque privée. Cela tombe bien : l’actuel premier ministre danois était le ministre des finances du nouveau conseiller de Goldman Sachs.
Source:news360x