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Etats-Unis : Un dirigeant de la Fed évoque une décennie perdue pour l’épargne

Pour M. Kocherlakota, la faiblesse actuelle des taux d’intérêt réels est la conséquence du durcissement des conditions d’accès au crédit, de la fragilité de la reprise économique et de la montée de l’endettement public, qui ne pourra être enrayée qu’en augmentant les impôts ou en réduisant les dépenses de l’Etat.

 

Ces trois facteurs incitent les ménages à épargner davantage, en vue d’emprunts futurs pour l’achat d’un logement, par exemple, ou tout simplement pour se protéger, et tout cela concourt à une augmentation de la demande pour des actifs financiers sûrs, aux rendements nécessairement bas, ce qui fait baisser les taux, explique-t-il.

M. Kocherlakota estime que les restrictions à l’octroi du crédit et l’inquiétude des ménages et des entreprises vis-à-vis de l’évolution de l’économie et de l’endettement des Etats-Unis sont là pour rester longtemps, probablement pendant les cinq à dix années qui viennent.

Selon lui, compte tenu de ces éléments, de la faiblesse attendue de l’inflation et du niveau encore très élevé du chômage, la Fed, qui pratique déjà une politique monétaire ultra-accommodante pour soutenir la reprise, va se retrouver contrainte pendant de longues années encore (…) de maintenir des taux d’intérêt réels faibles pour atteindre ses objectifs de plein emploi et de stabilité des prix.

AFP/Romandie, le 18 avril 2013

N.B. Maintenir très bas les taux d’intérêt réels vise surtout à permettre aux Etats d’éviter le défaut de paiement… puisqu’on se refuse à envisager une restructuration des dettes publiques :

Cf. Carmen Reinhardt : «Aucune banque centrale n’acceptera jamais d’admettre qu’elle maintient des taux d’intérêt bas pour aider le gouvernement à sortir de sa crise de la dette. Mais en fait, elles cèdent pour aider les gouvernements à payer leurs déficits (…) Une façon de résoudre le problème serait d’annuler une partie de la dette. Mais nous sommes dans un environnement où les politiciens sont très réticents à faire des restructurations. Alors, ce qui se passe, c’est que l’argent est transféré des épargnants aux emprunteurs au moyen des taux d’intérêt négatifs. »

http://www.spiegel.de/international/business/interview-with-harvard-economist-carmen-reinhart-on-financial-repression-a-893213.html

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