Le principe de base de bitcoins, c’est une mine. Une mine virtuelle bien sûr. Les bitcoins reposent sur un algorithme particulièrement compliqué. Mais doté d’un très puissant ordinateur, et de solides capacités d’informaticien, vous pouvez résoudre des problèmes mathématiques et devenir un “mineur” de bitcoins. Les algorithmes à résoudre deviennent automatiquement de plus en plus complexes, ce qui permet de maîtriser la quantité et le rythme de mise sur le marché des bitcoins.
En effet, et contrairement aux autres monnaies fiduciaires, le nombre de bitcoins qui sera à terme mis en circulation est déjà fixé à 21 millions. Cette limite devrait normalement être atteinte en 2140 alors qu’il existe déjà aujourd’hui environ 11 millions de bitcoins en circulation. On est donc très loin du dollar par exemple qui est créé au rythme de 85 milliards supplémentaires chaque mois pour satisfaire les besoins de la Fed.
Cette création monétaire échappe donc à toute banque centrale mais présente tout de même quelques inconvénients, dont le premier d’entre eux est la sécurité. Chaque bitcoin est accompagné d’un cryptage qui doit assurer son authenticité. Or, avec le succès des bitcoins, les attaques de ceux que l’on pourrait qualifier de faussaires se multiplient. En août 2010, un mineur a ainsi créé des millions de bitcoins échappant à toute validation.
Une fois que le “mineur” a obtenu des bitcoins, il peut l’échanger sur une place de marché réservée à cet usage – il en existe environ une vingtaine.
Une monnaie virtuelle, mais pourquoi ?
A l’origine, l’objectif du (ou des) créateur(s) des bitcoins était de proposer une monnaie “libertarienne” échappant à tout contrôle des Etats et permettant des échanges et des transactions à bas coût.
Les bitcoins ont deux principaux usages :
– un protocole d’échange entre monnaies : vous avez des euros, vous voulez des dollars. Vous pouvez convertir vos euros en bitcoins puis convertir ces mêmes bitcoins en dollars. Et vous voilà avec des billets verts échangés en dehors du système de conversion classique.
- une monnaie virtuelle : vous pouvez acheter des produits directement en bitcoins auprès de ceux qui l’acceptent comme monnaie. Par exemple, vous allez sur un site Internet, vous repérez les chaussures de vos rêves, dont le prix est indiqué en euros et en bitcoins. Riche de votre monnaie virtuelle, vous décidez de vous offrir ces petites merveilles en bitcoins. Avantage non négligeable : vous n’avez pas eu besoin de vous servir de votre carte bancaire. Adieu donc Visa, Mastercard et autres fournisseurs de ce genre de services.
Et c’est cet usage qui rencontre le plus de succès…
Alerte à la bulle ?
Tant de succès même, que le cours du bitcoin s’envole et que certains crient à la bulle. A son lancement, un bitcoin ne valait que quelques cents (de dollars). Début avril, 1 bitcoin équivalait à 40 dollars. Et aujourd’hui, il en vaut plus de 140. Aux dernières nouvelles, les 11 millions de bitcoins qui sont actuellement en circulation vaudraient donc 1,5 milliard de dollars.
Comment expliquer une telle flambée ? Première raison à cela, bitcoins est devenu le jouet favori de geeks et surtout de traders qui y voient un outil de spéculation comme un autre. Rare, comme l’or, le bitcoin voit sa valeur augmenter au rythme de la demande.
Le lien entre la monnaie virtuelle et le métal jaune est clairement fait selon Gonzague Grandval, président-directeur général de Paymium, société propriétaire de Bitcoin-Central, dans Les Echos : “Le bitcoin est comparable à un lingot d’or numérique : c’est une réserve de valeur“
Deuxième raison, la perte de confiance dans les monnaies fiduciaires. La récente envolée du cours du bitcoin coïncide avec la crise chypriote. La taxation imposée sur certains comptes bancaires ainsi que le contrôle des changes et des transferts ont donné du grain à moudre à tous ceux qui n’accordaient pas une grande confiance aux banques. Stocker une partie de son argent en dehors du système bancaire classique ne paraît plus si idiot que cela.
Faut-il vous précipiter sur les bitcoins ? La réponse est clairement non pour le moment. La spéculation fait rage. Ce qui ne veut pas dire que les bitcoins ne peuvent pas s’imposer comme un moyen d’échange dans les années qui viennent. En attendant, l’or me paraît bien plus sûr, et tangible, pour stocker de la valeur et comme protection contre l’inflation. Les banques centrales – des pays émergents essentiellement – ne s’y trompent pas en maintenant leurs achats d’or en ce début d’année. Nous vous le répétons souvent, mais l’or reprend progressivement sa place de devise.
Quant aux transactions hors du circuit bancaire, dans sa dernière Stratégie, Simone Wapler vous propose 3 moyens de le faire – parfaitement légaux et sûrs, rassurez-vous ! Une assurance contre le risque de blocage tel qu’il s’est pratiqué à Chypre. Pour les découvrir, rendez-vous dans la Stratégie de Simone Wapler…
Source:quotidienne-agora